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27/02/2011

La difficulté d'être père

Davidbook_v_490.jpg Vann a réussi à me faire oublier Houellebecq et son épouvantable prix Goncourt, ennuyeux, ennuyeux et terriblement ennuyeux. Pas la peine d'ailleurs de dépasser les 200 premières pages pour s'en rendre compte. J'ai fermé ce machin (non, ce n'est pas un roman, ni un livre) j'ai boudé, boudé, boudé. Je ne suis pas revenue poser mes notes tellement cette affaire-là ne passait pas. Beurk, le dégoût. Et puis, bien sûr, j'ai repris le chemin des librairies. Parce que, Dieu soit loué, il n'y a pas que Houellebecq. OUf !

Il y a par exemple David Vann ! Une découverte fabuleuse. Parce que, lui, il sait nous maintenir en haleine alors que deux personnes sont sur une île. Seuls. Il ne se passe presque rien et pourtant, c'est incroyable tout ce qu'il passse au lecteur. D'abord de l'esthétique, l'esthétique de l'écriture puis des lieux qu'il dépeints. C'est beau. Mais c'est lourd, car on sent très vite que les choses ne vont pas se passer comme le père se l'imaginait. Il souhaite passer un an sur une île avec son fils de 13 ans, mais... Mais sa relation avec lui va faire obstacle. Sa difficulté à être père. Et même à être un homme.

Mais si on sent dès le début que les choses vont connaître un sort difficile, on ne sent pas venir le "dénouement" réel. On est surpris, puis suspendu au fil de l'histoire. Une histoire terrible et belle qui nous habite longtemps après avoir refermé le livre. Nous renverrait-elle à nos propres égoïsmes ?

25/10/2010

La colère du rhinocéros

Voilà un roman polyphonique que j'ai trouvé bien cacophonique. J'avoue, j'ai eu un mal fou à arriver au bout.  Bien sûr, il y a une ambiance, une écriture bien personnelle. Mais le lecteur n'est pas bien soigné du tout. Oui, on entre dans un monde totalement onirique, dans un monde qui a été traversé par les images du cinéma, mais tout de même. Alors oui, on est séduit par cette écriture, parfois crue, parfois poétique, parfois (souvent) drôle (..." la caissière de la supérette s'était montrée aussi aimable qu'une bigotte interrompue en pleine mastirbation"). Mais son univers, qui nous fait entrer dans les "vestiges du monde se son père", reste assez opaque. Il veut nous emmener  sur les traces du souvenir via plusieurs personnages. Mais franchement, on n'a pas envie de le suivre dans son labyrinthe de présent, de passé, de rêve, de folie, de réalité, de personnages... Aucun n'est vraiment attachant. La seule chose qui nous tient est son écriture qui, elle, est attachante. la-colere-du-rhinoceros-185x300.jpg

12:25 Publié dans Roman | Lien permanent | Commentaires (0)

01/10/2010

La grande question du qui sommes-nous

9782879297460.jpgL'écriture est belle et d'une grande douceur. Comme la douceur que le personnage principal, Sarah, essaie d'appliquer à elle et au monde. Mais les apparences sont trompeuses. t brutales. C'est, entre autres, de cela que parle ce livre : au départ de la mort de son frère, Sarah se pose des questions sur elle, sur lui, sur son mari, sa soeur, elle retourne là où son frère se sentait si bien, au Japon, et continue son introspection, son calvaire. Et cela soulève des questions essentielles: qui suis-je, sous quel vernis me suis-je perdue et qui sont les autres ? Car entre l'image qu'elle a de son frère, de son mari ou de sa soeur et ce que ceux-ci pensent d'elles, il y a un fossé. Et le fossé se répète encore quand on compare ses certitudes à la réalité. Son mari est-il au fond comme elle l'imagine ? Oui, les apparences sont trompeuses, nos désirs trompés et nos vies tellement difficiles que certains, comme Nathan, le frère de Sarah préfèrent la perdre... à moins que, là encore, il y ait un fossé entre ce que Sarah pense et ce qui s'est vraiment passé pour Nathan ?

 

Malgré ce thème passionnant qui, apparemment nous hante tous, je n'ai pas été happée, retenue par la lecture de ce roman. Peut-être parce que, malgré l'niversalité du propos, il n'atteint pas cette universalité et reste coincé dans un univers parisien très bourgeois où l'on a suffisamment de moyens pour se "ressourcer", prendre ses distances et s'isoler du monde. Un personnage est d'une grande beauté et aurait mérité plus de place tant il aurait pu avoir de l'épaisseur : Natsume. On aurait aimé l'approcher d'avantage. Un vrai "personnage de roman", celui-là.