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01/09/2010

L'enfer, le néant et la vie

 

9782757811610.jpgJe ne l’avais pas encore lu et j’ai profité de sa publication en format poche pour le mettre dans ma valise. Ce n’est certes pas une lecture de plage, mais je n’étais pas à la plage…

 

On est dans un monde entièrement chamboulé, bouleversé, anéanti en fait. Il n’y a plus de vie ou presque. Quelques cannibales et puis ce garçon sans prénom et son père, sans prénom. Car à quoi bon quand le monde est fini, que les souvenirs des parents ne sont plus les mêmes que ceux des enfants, quand les mots ne désignent plus la même réalité, quand des notions comme la chance n’ont plus cours ?

Cormac McCarthy décrit avec un talent fou le « rien, le nulle part, le néant ». A travers ces deux personnages attachants dont l’un a perdu tout repère et l’autre en crée des nouveaux, qui avancent dans un monde désolé sans oiseau et sans la moindre vie, il nous parle du sens et surtout du mystère des choses, de l’existence, du passé, des souvenirs, du langage, de la chance, des autres, de la mort... Pourquoi la fuir et que chercher quand l’enfer c’est les autres mais aussi leur absence ?

 

Avec un apparente simplicité et des mots tout simples, sans fioritures inutiles, il décrit avec une puissance extrême cette désolation, cette perte de repère, cette force de la vie. Ce tableau est d’une telle précision qu’il nous y projette et que l’on est cet homme, ce petit garçon ou parfois, bien sûr aussi, leur passé.

J’admire beaucoup cette force de l’imagination qui dépeint ce qui nous fait sans doute le plus peur aujourd’hui que chacun nie la mort : la fin.

 

 

 

 

 

 

09:26 Publié dans Poche | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la route, cormac mccarthy

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