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24/07/2010

Les névroses familiales vues par un enfant de onze ans

titre_93.gifVoici un roman un peu à part (dans une maison d'édition un peu à part aussi) qui se passe au Danemark fin des années soixante. Le narrateur a onze ans et nous parle un peu comme Toto le Héros le faisait dans le film de Jaco Van Dormael. Des mots simples, une vérité passée au filtre de l'innocence et de la certitude que "papa à raison, papa doit savoir, papa dit vrai." Et ce petit garçon ouvre avec difficulté les yeux sur ce qui se déroule devant lui. Et pourtant, lorsqu''il va agir, vouloir écouter son intuition, il est dans le vrai et donne au roman un nouveau rythme qui lui manque un peu dans un premier temps. Tout tourne d'abord autour de ce père épicier malmené par les grandes surfaces qui apparaissent, malmené par sa rigidité de pensée et par d'autres tares impossibles à dévoiler ici. Son seul salut pour attirer l'attention à lui - et donc les clients au magasin - c'est de faire une oraison funèbre, ce pour quoi il est, visiblement, assez doué. Et comme cela semble lui réussir socialement, notre narrateur et sa soeur pensent que les morts peuvent leur faire du bien... Il faut dire que la soeur n'a plus peur de grand-chose. C'est elle d'ailleurs qui offrira au narrateur une raison de s'exprimer et d'agir selon son ressenti à lui et plus à travers la pensée du père.

Comme je le disais, ce roman est un peu lent à démarrer et, si l'on n'est pas dérangé par cette écriture qui se veut être celle d'un enfant, on découvrira un beau roman avec des pointes d'humour, l'amour et l'admiration d'un fils pour son père, les terribles névroses familiales, les terribles silences (de la mère, pour rester à sa place), l'importance des apparences, les préjugés... ou encore la difficulté, parfois, d'être un enfant face à des adultes aussi imparfaits.

 

16/07/2010

Ultra-Parisienne

Anna Gavalda se lit toujours avec un sourire aux lèvres et se dévore comme une friandise. Parce qu'elle raconte avec simplicité et humour des situations auxquelles on n'a aucun mal à s'identifier. Et pour ça, Anna,  est très forte. Mais, comme pour certaines friandises, il y a ce côté un peu sûr qu'il faut supporter. Et ici, dans l'Echappée belle, c'est son côté parisien toujours persuadé de sa supériorité face au reste du monde qui est assez insupportable. Sa mère est élégante ? C'est qu'elle est une vraie Parisienne, pardi ! Les gens hors Paris sont des ploucs ? C'est, précisément, qu'ils ne sont pas à Paris. Bref, on croit un peu lire un long article de Marie-Claire, ce qui n'est pas sans plaisir, mais reste sans grande portée universelle, même si ça en a les apparences, dans un premier temps. Car bien sûr, notre petit coeur est touché au passage par ces scènes peintes avec une vraie justesse... soyons justes. Parfait pour la plage, en somme. v-12925.jpg

14/07/2010

Maxence Fermine en mode mineur

Après Opium ou Neige qui nous transportaient avec un immense talent poétique dans des contrées fabuleuses, y compris celles de l'imaginaire, on a, ici, un peu plus de mal à décoller. Sans doute Maxence Fermine est-il trop attaché cette fois à la réalité historique qu'il peint ? Car le propos n'est pas sans intérêt : qui sait le nom de celui qui a découvert la ville d'Angkor ? On suit donc le parcours de cet homme au fil d'un roman écrit avec élégance et talent, mais plus saccadé et très certainement moins poétique. De là à dire que ce roman n'est pas agréable à lire, il y a un fossé que je ne franchirai pas. On reste intéressé, intrigué au fil des pages.

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Par contre, puisque Maxence Fermine m'y invite en parlant de Mungo Park (via sa nièce dans le livre), je me permets un détour par le superbissime roman de T.C. Boyle (nettement plus ancien celui-là) : Water Music, qui relate, entre autres destins, celui de cet explorateur magnifique. Et ce roman est, quant à lui, d'un rythme effrené, d'une drôlerie et d'un imaginaire incroyable (ce qui n'est pas le cas de tous les T.C. Boyle). Un roman avec un grand R en somme. A lire si ce n'est déjà fait. D'ailleurs lisez les deux, ils se complètent bien.9782859405311.gif