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24/07/2010

Les névroses familiales vues par un enfant de onze ans

titre_93.gifVoici un roman un peu à part (dans une maison d'édition un peu à part aussi) qui se passe au Danemark fin des années soixante. Le narrateur a onze ans et nous parle un peu comme Toto le Héros le faisait dans le film de Jaco Van Dormael. Des mots simples, une vérité passée au filtre de l'innocence et de la certitude que "papa à raison, papa doit savoir, papa dit vrai." Et ce petit garçon ouvre avec difficulté les yeux sur ce qui se déroule devant lui. Et pourtant, lorsqu''il va agir, vouloir écouter son intuition, il est dans le vrai et donne au roman un nouveau rythme qui lui manque un peu dans un premier temps. Tout tourne d'abord autour de ce père épicier malmené par les grandes surfaces qui apparaissent, malmené par sa rigidité de pensée et par d'autres tares impossibles à dévoiler ici. Son seul salut pour attirer l'attention à lui - et donc les clients au magasin - c'est de faire une oraison funèbre, ce pour quoi il est, visiblement, assez doué. Et comme cela semble lui réussir socialement, notre narrateur et sa soeur pensent que les morts peuvent leur faire du bien... Il faut dire que la soeur n'a plus peur de grand-chose. C'est elle d'ailleurs qui offrira au narrateur une raison de s'exprimer et d'agir selon son ressenti à lui et plus à travers la pensée du père.

Comme je le disais, ce roman est un peu lent à démarrer et, si l'on n'est pas dérangé par cette écriture qui se veut être celle d'un enfant, on découvrira un beau roman avec des pointes d'humour, l'amour et l'admiration d'un fils pour son père, les terribles névroses familiales, les terribles silences (de la mère, pour rester à sa place), l'importance des apparences, les préjugés... ou encore la difficulté, parfois, d'être un enfant face à des adultes aussi imparfaits.